Argumentaire n°207
Médicament : l’observance thérapeutique sous ordonnance
L’Assemblée a adopté les dispositions législatives nécessaires à la mise en conformité du droit national avec les directives communautaires régissant le médicament.
Jean-Luc PREEL (Vendée) a regretté qu’une nouvelle fois le gouvernement dessaisisse la représentation nationale d’une question fondamentale, celle de l’observance thérapeutique. En effet, l’article 29 que l’UDF souhaitait supprimer au profit d’une concertation plus approfondie, prévoit que le gouvernement organise par voie d’ordonnance les modalités de ce suivi thérapeutique lié à l’usage d’un médicament, dont les laboratoires pourraient se saisir en lieu et place des professionnels de santé.
Il a également dénoncé le cavalier législatif consistant à poser par voie d’amendement, des restrictions à l’exercice du métier de psychothérapeute. Il aurait été nécessaire encore une fois de poser un débat plus large sur l’exercice de la psychologie et de ne pas se cantonner à des restrictions d’exercice pures et simples.
Le Groupe UDF à l'Assemblée Nationale s'est abstenu.
[i]texte La lettre d'information hebdomadaire des députés du groupe UDF n°80 - 12 janvier 2007
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Le site de campagne de François BAYROU est en ligne! Retrouvez sur ce site de "rencontre démocratique" l'ensemble des prises de position de notre candidat. A vos souris...
Comité de rédaction:
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[SIZE=14]Propos sur la Santé
et la
Régionalisation de la Santé
En commentaire de l’article « régionaliser la santé »
(p.21 / Démocratie Info/suppl. La France Ensemble).
D’une part, je veux croire que, par manque inévitable de place, il a fallu synthétiser un certain nombre d’éléments concernant la santé, ceci expliquant cela, le propos est un peu liminaire, « accrocheur », au détriment peut-être de cette problématique majeure liant santé et social.
Je ne pense pas qu’il y ait une évolution vers une seule médecine à deux vitesses, mais plus prosaïquement, de nouvelles équations sociales conséquences de situations économiques difficiles, engendrant un moindre recours aux soins aux âges jeunes, induisant une dégradation de la santé plus rapide et, finalement, impliquant une consommation de soins plus élevée à court et moyen terme.
Au point que certaines récentes analyses mettent en évidence le fait que les plus pauvres de nos concitoyens, quels qu’ils soient, ont une consommation inférieure à celles des plus riches (plus constante, préventive et, de fait, moins curative) avant 65ans et une consommation plus élevée ensuite.
Et, finalement, l’impact sanitaire des inégalités sociales conduit à générer des inégalités de mortalité considérées comme les plus importantes d’Europe de l’Ouest. (Une étude de l’INSERM a montré récemment que les écarts d’espérance de vie entre cadres et ouvriers vont tendanciellement en s’accroissant depuis 30ans.)
D’autre part, je modère toutefois mon premier propos en considérant la corrélation entre l’écart de mortalité et le niveau de revenu, s’expliquant autant par l’inégalité des soins prodigués que par la difficulté à leur accès proprement dit.
De fait, l’échelle territoriale de la région comme territoire pertinent d’adaptation des politiques de santé est une réalité de la nouvelle « gouvernance », s’appuyant sur l’Etat providence garant de la santé publique considérée comme bien collectif, et la santé comme bien fondamental.
La création récente des ARH(1996) porte cette régionalisation de la planification et de la politique des soins hospitaliers mais la diversité des acteurs institutionnels (ARH, DRASS, CRAM, URCAM, URML, Etat, collectivités territoriales,…) ainsi que l’articulation de leurs missions et de leurs périmètres interventionnels, posent le problème de leurs rôles et places respectifs dans l’élaboration et la mise en œuvre d’une politique régionale de santé effective, territorialisée par les SROS, PRS, CROS, CROSMS, et autres SRADT, SDADT, etc….
Une vision globale et cohérente de la santé, différenciée en fonction des territoires de santé, des bassins de vie, des disparités sanitaires et sociales, doit être générée, précisant les problématiques régionales, les enjeux, les champs et les limites, dans la double déclinaison des priorités nationales et de résolution au niveau régional et infra-régional (de problèmes spécifiques).
De fait, la création des ARS, déclinaisons des ARH actuelles, amènerait à les charger de définir et mettre en œuvre une véritable politique régionale de santé, déjà chapeautées par le GRSP qui veille à l'éxécution du plan régional de santé arrêté par le préfet de région sur avis et orientations de la Conférence Régionale de Santé (CRS), et garante de la déclinaison des priorités nationales de santé publique, adaptée aux spécificités régionales (besoins et offre)
Et
Associées aux Conférences Régionales de Santé (déjà existantes), chargées d’émettre des avis sur la cohérence des politiques de santé publique, et de contrôler l’effectivité de l’application de la permanence des soins en région, structurellement et financièrement.
Dans tous, il est nécessaire et urgent de réduire ces couches interventionnelles dites pour la "nouvelle gouvernance" qui noient très certainement l'efficience de la volonté et qui nuisent à l'efficacité de la concertation et des apllications ; sans parler des coûts induits des ces nouvelles structures intermédiaires.
La place des institutions régionales, départementales, et représentations de l’Etat, de l’URCAM, des Représentants des usagers, des partenaires sociaux, des fédérations hospitalières publiques et privées, et URML…sera un élément et un signe fort que l’Etat donnera de lui-même, de ses politiques de véritable décentralisation, déconcentration et de nouvelle gouvernance dans le cadre de la santé, du social, et de la recherche médicale.
In fine, amènera à une cohérence entre les multiples acteurs régionaux investis de pouvoirs inégaux, de compétences sanitaires variées, conduisant des actions peu coordonnées en doublon, que la mise en place du SROS de 3ème génération et des Conférences Sanitaires de Territoire tendent à canaliser en promouvant des politiques régionales de santé adaptées aux territoires de santé justement.
En effet, même si notre système de santé est certainement « le plus performant du monde », il présente de telles lacunes actuellement, qui se manifestent notamment au travers de la croissance non-maîtrisée des dépenses (euphémisme), de la persistance d’inégalités territoriales et de l’incapacité à développer une culture de santé publique influant véritablement et durablement sur les déterminants de santé, qu’il en est même toujours et encore oublieux de la place de l’individu au cœur du système de santé.
Aujourd’hui, l’organisation sanitaire se caractérise par des cloisonnements, entre établissements publics et privés (même s’ils s’en défendent), entre médecines libérales et hospitalières, qui nuisent à la continuité des soins et entravent la nécessaire complémentarité entre approches préventive (presque 2% du budget de la santé, donc dérisoire) et curative.
Il est évident que notre système de santé ne s’est pas suffisamment adapté aux mutations de la demande (et de la réalité) sociale : les crises sanitaires et l’évolution de la relation patients/professionnels de santé ont renforcé l’exigence de transparence et de sécurité accrues de la part des usagers.
Il me semble donc que, face à ces enjeux, la régionalisation apparaît comme un échelon de proximité à même de conduire une régulation assurant l’adéquation de l’offre aux besoins, prenant en compte les réalités locales, territoriales et sociales.
Elle est également en mesure d’offrir un espace pour des pratiques innovantes et des évolutions dans la conduite des politiques de santé.
Enfin, elle pourra apporter des réponses différenciées aux défis structurels que constitueront le vieillissement de la population, les avancées techniques et l’évolution démographique des professionnels de santé.
De ce contexte général, la réflexion sur cette régionalisation de la politique de santé ne pourra éluder les interrogations sur le rôle de la Conférence Régionale, bien différent d’un conseil régional économique et social en terme de conseil, d’orientations et de contrôle ; la place spécifique de l’assurance maladie, acteur majeur et incontournable de santé publique sera à définir et à intégrer dans le projet d’orientation de composition du conseil régional de santé car actuellement l'URCAM est le porte monnaie prééminant, dominant toutes les orientations et les décisions.
Dès lors, une telle démarche renouvelée du cadre institutionnel de la santé suppose la mise en œuvre d’une décentralisation fonctionnelle, associant dans une agence régionale de santé tous les acteurs territoriaux tel l’Etat, l’assurance maladie, le Conseil Régional (entité collectivité territoriale), les conseils généraux, les communautés d’agglomération et de communes et les associations de représentants d’usagers.
L’évolution de la politique de santé est un enjeu fondamental pour l’avenir, mais dès à présent pour la prochaine présidence et la nouvelle législature, en raison de son impact sur la nature du contrat social et de son poids financier croissant.
Les limites atteintes par notre système de santé appellent un approfondissement de sa réforme.
La régionalisation en est un levier essentiel mais uniuqement réalisable si les moyens suivent l'esprit politique du législateur.
Le mouvement de renforcement des mécanismes de régulations régionaux participera ainsi d’une évolution institutionnelle de la France, privilégiant le niveau régional comme levier de rénovation de l’action publique.
La recomposition convergente des offres de soins implique que les modes d’exercice de la médecine, la promotion des réseaux de santé et l’ouverture parallèle de l’hôpital et de la médecine de ville se modifient également significativement. Mais cela, c’est un autre débat !
DP FLORENTIN[/SIZE]
Réf :. Effets cumulatifs à long terme de l’accès aux soins et du revenu sur les inégalités de santé-IRDES/2005 ;
Rapport de Martin Hirsch – La nouvelle équation sociale/Commission famille, vulnérabilité, pauvreté – 2005 ;
Projet de loi AN n°128-24/07/2002-M. Jean-Luc Préel /régionalisation de la santé ;
Colloque UDF sur la Santé-2006.gé d'émettre des avis sur les documents budgétaires et de planification