Publié le 02/03/2007 à 12:00 par didierpierflorentin
François Bayrou promet de créer un "grand parti démocrate" du centre en cas de victoire à l'Elysée et, confie le candidat UDF au journal Le Monde, introduirait une forte dose de proportionnelle dans le mode de scrutin.
Le dirigeant centriste, qui dit parier sur "l'électrochoc" que provoquera une "union nationale" au-delà du clivage droite-gauche qu'il appelle de ses voeux, estime qu'un nouveau parti sera nécessaire en cas de victoire à la présidentielle.
"Pour porter ce nouvel espoir et cette grande responsabilité, l'UDF dans sa forme actuelle ne suffira pas. Il faudra un grand parti démocrate pour la France", dit-il dans un entretien que le quotidien publie dans son édition du 3 mars.
François Bayrou, que les sondages d'opinion créditent de 17 à 19% des intentions de vote au premier tour, explique qu'il s'il est élu une "nouvelle majorité présidentielle" se présentera aux électeurs en juin lors des législatives.
"Elu président de la République, investi de la confiance des Français et porteur de ce mandat du peuple, je nomme un gouvernement de rassemblement", dit-il.
"Ce gouvernement accordera un label dans chaque circonscription aux candidats qui le soutiendront. La nouvelle majorité présidentielle sera présente dans chaque circonscription du pays. Et les Français la choisiront."
François Bayrou, qui s'est dit jeudi lors d'un déplacement à Caen, "ému et encouragé par l'immense mouvement qui est en train de se former parmi les Français", souligne que les institutions figureraient "parmi les premiers grands chapitres du redressement" s'il entrait à l'Elysée en mai.
PLUS DE 49-3
"Nous devons construire un Etat impartial", dit-il, prônant par exemple l'abolition de l'article 49 alinéa 3 de la Constitution qui permet l'adoption au Parlement d'un texte sans vote ni débat.
"Le président de la République assume ses responsabilités, le gouvernement ne pratique plus le passage en force. Le 49-3, les ordonnances n'entrent pas dans le cadre des rapports entre le gouvernement et le Parlement", dit-il.
La mise en place "d'une loi électorale juste", par ailleurs, signifierait, pour François Bayrou, "50% des sièges au scrutin majoritaire de circonscription, 50% à la proportionnelle, avec une barre à 5% des suffrages".
Prié de dire si cela pourrait se traduire par l'entrée du Front national au Parlement, François Bayrou répond : "Oui, il rentre au Parlement si les électeurs le veulent (...) Et l'extrême gauche rentre au Parlement, si les électeurs en décident ainsi".
Reprenant une expression qu'il affectionne lors de ses rencontres sur le terrain avec les Français, François Bayrou estime que la "vague" qui le porte "dépassera de beaucoup l'élection présidentielle".
Il lui reste néanmoins au cours des semaines qui viennent plusieurs défis à relever, estime le directeur des études politiques de l'institut de sondage LH2, François Miquet-Marty.
Il devra d'abord "convaincre de sa capacité à disposer d'une majorité et à former un gouvernement", écrit-il dans une contribution offerte à Reuters.
Il lui faudra ensuite "rallier à lui des catégories sociales jusqu'ici majoritairement hostiles, que sont les catégories sociales modestes".
"Jusqu'ici, dans les enquêtes LH2, c'est toujours auprès des ouvriers et employés que François Bayrou réalise ses plus mauvais scores", note François Miquet-Marty.
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Publié le 02/03/2007 à 12:00 par didierpierflorentin

Visiblement ravi par la vague de bonnes enquêtes d'opinion le concernant, François Bayrou s'est dit "ému et encouragé" par la confiance placée à son égard, qui tiendra selon lui "jusqu'au bout".
"Cette confiance-là, elle va aller très loin, elle va aller jusqu'au bout, c'est un signe précurseur de ce mouvement de confiance qui va aller jusqu'au 22 avril et au 6 mai", a-t-il déclaré à la presse lors d'un déplacement à Caen.
Crédité de 17% des intentions de vote dans plusieurs sondages récents - et même 19% mardi dans un sondage Ifop -, le candidat de l'UDF à la présidentielle a dit noter une certaine fébrilité chez ses adversaires politiques.
"Je les comprends les pauvres, que voulez-vous qu'ils fassent contre la force d'un peuple qui a décidé de se mettre en marche et de leur imposer un président de la République qui les rassemblera ?", a-t-il lancé lors d'un meeting au centre des Congrès de Caen.
Devant plusieurs milliers de Normands - 4.000 selon les organisateurs -, le député béarnais s'est réjoui du "nombre d'articles qui se multiplient sur le candidat inattendu qui est en train de bouleverser cette élection".
Il a dit se sentir "sous les feux croisés de la gauche, de la droite et de l'extrême droite qui auraient donné très cher pour rester entre eux".
"ILS FONT FLÈCHE DE TOUT BOIS"
Selon le baromètre TNS-Sofres de mars pour le Figaro magazine et I-télé, publié dans la journée, la cote de popularité de François Bayrou a bondi de 19 points en un mois, 58% des Français souhaitant lui voir jouer un rôle important au cours des mois et des années à venir.
"Je suis, c'est vrai, ému et encouragé par l'immense mouvement de confiance qui est en train de se former parmi les Français", a commenté l'intéressé à la presse après avoir rencontré des jeunes dans un centre d'apprentissage.
Le candidat centriste a aussi répondu au président de l'UMP, qui, dans une interview à Sud-Ouest, l'a taxé d'"immobilisme".
"Franchement, je comprends les difficultés que Nicolas Sarkozy rencontre en ce moment et en particulier le sentiment d'inquiétude qui est le sien, comme celui du Parti socialiste", a-t-il ironisé à l'adresse de ses adversaires.
"Ils font flèche de tout bois, ils tremblent, ils multiplient les accusations, ils mettent des comités en place chargés de me surveiller, de me cibler, de me pister, et ils disent n'importe quoi sur mon compte".
"Ils sont en train tout d'un coup de découvrir que le peuple français a une volonté qu'ils ne soupçonnaient pas", a-t-il poursuivi. "Et cette volonté, elle va aller jusqu'à son terme".
A un journaliste qui lui faisait remarquer qu'à l'entendre, il semblait convaincu de l'emporter, François Bayrou a toutefois tempéré : "Je ne considère nullement que ce soit gagné".
"Je sais à quelles forces je suis confronté, je sais (...) la multiplication des attaques qui se déroulent contre moi depuis plusieurs jours et qui vont se dérouler encore", a-t-il ajouté.
François Bayrou sera vendredi à Epinal, dans les Vosges, où il visitera un lycée professionnel. Il sera lundi à Toulouse pour rencontrer des salariés d'Airbus et mardi au salon de l'agriculture, à Paris.
Publié le 27/02/2007 à 12:00 par didierpierflorentin
François Bayrou : "Je me suis juré de sortir mon pays de la désespérance !"
26 février 2007
François Bayrou est l'invité ce soir de TF1, dans le cadre de l'émission « J'ai une question à vous poser. » L'émission, empreinte d'une grande dignité et de grande hauteur, a permis au candidat à la présidence de la République de présenter ses mesures, la manière qu'il aura de conduire la Nation, de former un gouvernement d'ouverture et de rassemblement. La sollennité, la gravité du moment ont marqué cette heure et demie d'émission consacrée à l'un des prétendants à la magistrature suprême. Pour preuve, cet hommage qu'il a rendu en introduction, aux trois Français assassinés en Arabie saoudite.
En revenant à l'épisode de la gifle il y a cinq ans, le candidat à l'élection présidentielle insiste sur la part de travail que les adultes doivent prendre dans l'éducation de leurs enfants. La fermeté, qui n'exclut pas l'amour ni la prévention. Il souhaite garantir à tous les enfants qui entrent en sixième le droit d'être suffisamment armés pour affronter le collège. Ils devront savoir lire, écrire et compter. "Ce serait de la non-assistance à enfance en danger, assure-t-il, que de les laisser errer sans ces acquis." Certains enfants, qui éprouveraient plus de difficultés, pourront bénéficier d'aides, et pourquoi pas psychologiques lorsque la situation l'exige. Ces dispositifs seront mis en place partout. Dans les campagnes, dans les banlieues, dans les villes. Personne ne doit être laissé sur le bord de la route.
Y compris les jeunes issus de l'immigration. François Bayrou se dit contre toutes les discriminations. Notamment la discrimination positive. Il estime que cela ne peut pas fonctionner en France. Cela implique des règles à édicter. Par exemple l'imposition du curriculum-vitae anonyme. Il remarque, dans ses rencontres avec des jeunes hommes et jeunes femmes qui ont réussi, que la barrière de l'entretien physique fait tomber toutes les réticences de l'employeur. Les différences s'estompent, selon François Bayrou. Ce n'est pas ce que la République devrait souhaiter, mais le principe de réalité prévaut parfois. Nous sommes une Nation. Ce que souhaite François Bayrou, c'est préserver le modèle républicain, en panne aujourd'hui. Pour cela, il devra prendre des mesures comme donner sa chance à chacun. Quelque soit le lycée où l'on étudie, un quota de places dans les grandes écoles devra être institué. Partout sur le territoire de la République. Cela concerne les études. Pour les entreprises, préserver le modèle républicain, c'est garantir à un étudiant diplômé qu'au bout d'un certain temps, il pourra bénéficier d'un emploi-formation qui puisse lui donenr une première chance.
Des chances justement, les syndicats dans l'Education nationale en sont. François Bayrou insiste sur ce point. Même s'il est conscient de l'impopularité que cela pourrait engendrer. Il rappelle qu'il fut ministre pendant quatre années en charge de ce secteur. Tout ce que cette période recèle de bonnes réformes est encore en place aujourd'hui. Le bac L, S, etc, les stages en entreprises furent des mesures que son ministère prit en co-responsabilité avec les syndicats qui sont des organes nécessaires dans une administration qui comprend plus d'un million de personnes. "Dans ce secteur, rappelle-t-il, il ne faut jamais présenter une avancée comme une victoire." Les décisions finales appartiennent toujours au ministre, mais elles sont accompagnées de l'accord des différentes parties.
François Bayrou est contre la "chasse au poste." Il veut se montrer en rupture avec la politique actuelle de réduction du nombre des enseignants. L'éducation est la question la plus cruciale de l'avenir. Face à la mondialisation, nous devons, selon l'ancien ministre, devenir plus forts que les autres en sciences, en recherche fondamentale, en développement. Nous nous devons de lui garantir les moyens dont elle doit disposer pour assurer sa mission de service public. Pendant au moins cinq années. Malgré la dette qui pèse sur tous. "Nous devons, affirme-t-il, écrire avec l'Assemblée nationale les objectifs à atteindre, car les moyens doivent être balancés par ces objectifs." François Bayrou veut éradiquer l'illetrisme. Aujourd'hui, vingt pour cent des enfants qui entrent en sixième sont pratiquement illétrés. "Je veux réduire ce taux à zéro." assène-t-il. Cela devra prendre au moins trois années pour améliorer les conditions d'enseignement, et trois autres années pour parvenir à ce but. En ce qui concerne les professeurs qui enseignent deux matières, ils seront récompensés par une prime, sur la base du volontariat.
Dans La décénnie des Mal-Appris, François Bayrou avait déjà dénoncé tous ces changements de méthodes d'apprentissage de la lecture, au début des années quatre-vingt dix. Mais il estime que ce n'est pas à un ministre de dire à un professeur comment enseigner à ses élèves. Il part du principe que chacun peut choisir sa méthode, pourvu qu'elle réussisse. Il propose que des expérimentations soient faites. On voit ce qui fonctionne. Le temps n'est plus où les ministres claquaient des doigts pour que tout change.
En matière plus politique, François Bayrou précise qu'il est favorable à l'émergence des compétence. La parade des élephants n'est pas ce qui l'amuse. Depuis vingt ans, il observe les manières de chacun. La guerre perpétuelle entre ce que fut l'UMP et le PS. Les embuscades que se tendent les uns qui sont pour et les autres qui sont contre. Il a vu la France peu à peu décliner. Il a vu la France peu à peu s'appauvrir. Les Français plonger dans le malheur. Il a décidé d'essayer d'analyser les causes de cet état de fait. L'UMP, le PS, il lui fut impossible de parvenir à une autre conclusion qu'il fallait changer. Choisir une autre manière de faire de la politique. Pour la première fois dans la V° République, il est monté à la tribune de l'Assemblée nationale et a voté en faveur d'une motion de censure au Gouvernement dont il fut pourtant l'allié quelques années auparavant. Il rappelle que de nombreuses fois, il aurait pu choisir le confort des lambris ministériels, des voitures avec chauffeur, le pouvoir pour le pouvoir. Il a refusé pour se fixer une ligne de conduite : "Je donnerai la possibilité à des gens qui sont d'accord avec moi, de quelque camp qu'ils soient, de travailler dans mon gouvernement, si je suis élu président de la République." annonce-t-il. Il veut rassembler les Français au lieu de les diviser.
L'évidence veut que, s'il y a désaccord sur les questions essentielles, il ne pourra y avoir de rassemblement des forces, le rassemblement qui est affaire de volontés. En 1946, en 1958, le Général de Gaulle imposa aux partis de céder devant la logique de la réunion des forces vives de la Nation plutôt que d'obéïr à la seule logique des partis politiques. Ces querelles perpétuelles minent le pays. La dette qui se creuse, plus personne ne s'en soucie. Aujourd'hui, environ vingt-cinq pour cent iraient vers le PS et la même chose vers l'UMP. "Croit-on réellement, demande François Bayrou, que c'est avec une si faible assise que l'on peut mener un pays vers la voie de la rédemption ?" Il raconte cet épisode de sa vie politique : au lendemain du 21 avril 2002, il rencontre le Président de la république. Il le prévient qu'il sera élu avec plus de quatre-vingt pour cent des voix. En majorité des personnes de gauche, lui précise-t-il, voteront pour lui. Il lui demande instamment de créer un gouvernement d'ouverture. Jacques Chirac refuse et formera l'UMP, le parti unique, auquel s'opposera dès lors fermement François Bayrou.
Il reproche cette aventure de l'UMP notamment en regard de la dette incroyable qui pèse sur les épaules des Français, de leurs enfants, de leurs petits-enfants. François Bayrou, pour réduire cette dette, souhaite travailler avec des gens qui sont de tout bord politique. Dès le début de sa campagne électorale, il a fait serment de ne jamais apparaître devant une assemblée publique sans parler de la dette. Une dette trop lourde, qui représente plus de mille deux cents milliards d'euros. Sans compter les cinq ou six cents milliards d'euros de l'assurance-maladie. Cent mille euros par famille, affirme-t-il. Le prix d'une petite maison. Il propose quelques axes pour la réduire drastiquement :
Revenir en trois ans à une dette qui n'augmente plus
Revenir en six ans à un équilibre budgétaire
Inscrire dans la constitution l'interdiction pour tout gouvernement de proposer devant l'Assemblée nationale et le Sénat un budget de fonctionnement en déficit (sauf de grands investissements comme des écoles, des universités, des hôpitaux, des ensembles qui dureront sur plusieurs générations.)
Ouvrir des discussions avec les collectivités locales pour voir où l'on peut réduire les coûts de fonctionnement
Faire de l'Etat un exemple en matière d'économies. Ce sont dans les ministères où la décentralisation fut la plus forte qu'on a embauché le plus de fonctionnaires.
Enfin réduire symboliquement le budget de l'Elysée de vingt pour cent.
On lui a demandé, dans le cadre de discussions informelles sur le gouvernement qui pourrait mener cette politique, s'il pourrait nommer un premier ministre de gauche. La réponse fut "oui !" Il s'affirme contre l'Etat-PS, contre l'Etat-UMP. François Bayrou souhaite construire un Etat impartial et modeste. Dans lequel tout le monde, à partir du moment où chacun accepte les règles du jeu édictées au départ, est le ou la bienvenus.
A propos de la régularisation des sans-papiers, François Bayrou se dit en faveur d'un regard au cas pour cas, pour chaque famille. En fonction des efforts qu'elle aura fait pour s'intégrer. Mais il n'y aura en tout état de cause, pas de régularisation massive. Cette question sera évidemment débattue par le gouvernement formé, qui ira présenter sa politique devant l'Assemblée nationale. En ce qui concerne les élections législatives, il n'y aura pas de négociations de couloirs, pas de retour à la VI° République. Il énonce les différentes étapes institutionnelles qui sont les suivantes : le 6 mai, le président est élu. Il est investi officiellement le 17. Le président de la République nouveau entre alors en fonction. Il nomme un gouvernement élargi. Le 9 juin, les législatives seront l'occasion pour les Français de donner au président la majorité indispensable pour mener à bien sa politique. Ils voteront pour les hommes et les femmes qui se présenteront sous la bannière de la majorité présidentielle. "Cela nous permettra effectivement, estime François Bayrou, de mener une politique vigoureuse, où nous serons capables de prendre des mesures parfois impopulaires, mais dont les Français jugeront dans leur grande sagesse qu'elles sont indipensables pour leurs enfants, pour leurs petits-enfants."
François Bayrou répète qu'il n'a jamais cherché le confort. S'il l'avait voulu, il aurait pu accepter divers postes ministériels prestigieux. Mais cela aurait signifié renoncer à ce qu'il croyait de plus important pour la France. "Je ne croyais plus à tout cela, avoue-t-il. J'ai vu les limites de ce système. Je me suis juré alors de sortir mon pays de la désespérance où il se trouvait." Depuis 1981, poursuit-il, la dette a augmenté de six cent pour cent. Nous devrons établir avec les Français un rapport de confiance qui demandera du courage de la part de tous ceux et toutes celles qui prendront leurs responsabilités en l'accompagnant dans cette lourde tâche. François Bayrou, dans cette optique, demande solennellement aux candidats PS et UMP de cesser de promettre à tout-va. Alors que personne n'a le premier centime pour financer. Les campagnes électorales, selon le député des Pyrénées-Atlantiques, ne se gagnent plus avec des baguettes magiques et des pochettes-surprises.
C'est ainsi que pour redonner confiance à un pays en perte de vitesse, et qui dispose pourtant d'atouts extraordinaires, François Bayrou propose deux emplois sans charge pendant cinq années pleines quelque soit la taille de l'entreprise. Les artisans, les commerçants, les petites et moyennes entreprises n'auront ainsi qu'à supporter uniquement le salaire sur ces emplois nouvellement créés. On retiendra quand même dix pour cent de charge pour financer les retraites. Il y a en France deux millions et demi d'entreprises qui comptent moins de dix salariés. Cela pourrait constituer pour ce tissu économique une bouffée d'air frais extraordinaire. Il veut imposer aux grandes entreprises une limitation du nombre des emplois à temps partiel. Les abus observés sont trop nombreux. Il est temps d'y remédier, selon lui. François Bayrou veut également assouplir les trente-cinq heures. Notamment en rémunérant à trente-cinq pour cent au lieu de dix actuellement les heures supplémentaires. Pour ceux qui le souhaitent. Chacune de ces mesures doit être prise sur la base du volontariat, des personnes ayant adapté depuis quelques années leur mode de vie sur ces nouveaux horaires, pour qui il serait difficile de revenir dessus. Cette mesure ne coûterait rien, ni à l'employé, ni à l'employeur.
Ces décisions seront prises en concertation avec chaque membre du gouvernement, qui aura dû dire son accord avec les axes généraux prônés par le nouveau président de la République, François Bayrou. Par ailleurs, il estime inacceptable l'absentéïsme des députés français. Dans les réformes institutionnelles annoncées, il est notamment stipulé qu'un député absent aura l'interdiction de pouvoir voter, même par procuration. Quant au Parlement de Strasbourg, on ne sera pas payé lorsque l'on manquera un session du parlemen européen. En matière de politique européenne justement, François Bayrou se déclare hostile par principe à l'entrée de la Turquie dans l'espace européen. Il préfèrerait un partenariat privilégié. Quant à l'Europe elle-même, il propose que l'on instaure deux cercles concentriques. L'un regroupant des pays qui veulent commercer librement entre eux, l'autre plus restreint, qui accueillerait des pays qui veulent peser sur l'avenir du monde. En matière de défense commune, en matière de politique budgétaire, de politique agricole commune. L'Europe doit être une voix qui compte. Il proposera à l'horizon 2009 un nouveau traité constitutionnel plus lisible plus compréhensible par les citoyens. Et le soumettra à référendum.
En matière de politique étrangère, les menaces sont multiples, rappelle François Bayrou. Il exprime durant l'émission de TF1 sa gratitude à Jacques Chirac pour sa position courageuse dans l'affaire irakienne. Les difficultés politiques furent nombreuses avec le présidentde la Républqiue. Mais sur ces grandes questions, il lui reconnaît une vision qu'il espère lui-même développer. Il estime qu'on a en Irak, libéré des démons bien difficiles à faire rentrer dans leur boîte. Ces questions du proche et du moyen Orient, estime-t-il sur un ton grave, sont lourdes. Les conflits internes à l'islam, par exemple. En Iran, les démocraties du monde doivent savoir se montrer solidaires face à l'arbitraire. Les nations du monde ont signé un Traité de non-prolifération nucléaire qui stipule que tout signatairepeut disposer du nuclaire à application civile (électricité, énergies diverses) et exclut toute utilisation militaire. « Nous devons utiliser tout l'arsenal diplomatique à notre disposition. Notre influence diplomatique. Des sanctions éventuellement. Et au maximum éviter le conflit armé. » admet François Bayrou qui s'alarme des bruits de botte provenant de Washington.
Le Proche-Orient et l'Afrique sont voisins. Leur destin diverge. Le sort fait à l'Afrque est affreux. Il est illusoire, selon François Bayrou, de vouloir empêcher l'immigration. Les pauvres iront toujours chez les riches. Peu importe les barrières, les frontières, les murailles, les miradors. Ce dont l'Afrique a besoin, c'est de se développer. Il propose donc un plan Mashall tel que nous-mêmes, Européens, avons pu en bénéficier. Nous devons commercer équitablement avec l'Afrique. Changer nos comportements à son égard. Nous lui devons protection et soutien, en plus du respect qui lui était dénié jusque là. Nous avons à garantir aux Africains qu'ils pourront nourrir leur famille à leur faim chez eux, produire, s'équiper, et vendre afin de développer leur pays.
François Bayrou conclut sur le difficile problème des Harkis dont il estime que le sort qui leur fut réservé est indigne de notre République. Il leur promet le respect de la Nation, la reconnaissance de leur existence et la juste récompense de leur fidélité à une patrie qui est aussi la nôtre, la France.
TF1
Publié le 27/02/2007 à 12:00 par didierpierflorentin
Qu'il était bon d'entendre François Bayrou, tout en subtilité, humanité et sincérité ; a contrario des deux précédentes émissions, pleines de misérabilismes, de populismes, d'opportunismes...
Je veux croire qu'un grand nombre de français auront apprécié la simplicité du propos (différent de simplisme!!!), sa clarté et son honnêteté.
à jeundi soir à Caen...
Publié le 23/02/2007 à 12:00 par didierpierflorentin

PROGRAMME ECONOMIQUE DE FRANCOIS BAYROU aujourd'hui
"Social et économie doivent désormais se dire et se penser en un seul mot". François Bayrou a défendu au cours d’une conférence de presse, son idée de "social-économie". Le candidat à l’élection présidentielle a expliqué que "la lutte contre la dette est un combat social". La recherche et l’entreprise sont, à ses yeux, la source et le moteur de la social-économie. Ses outils, la fiscalité et la politique économique européenne. La finalité de la social-économie : le progrès social en remettant le pied à l’étrier à ceux qui sont loin de l’emploi et en redonnant du pouvoir d’achat au salariés.
(Seul le prononcé fait foi)
Mesdames, messieurs,
Je veux défendre devant vous l’idée de social-économie.
D’habitude, dans les programmes électoraux, l’économie représente un chapitre et le social en représente un autre.
Dans cette vision traditionnelle, on produit d’abord, on distribue après. Ou bien, variante, on distribue d’abord pour mieux produire après.
Je crois qu’il faut au contraire considérer le projet économique et le projet social dans leur unité.
La mondialisation est une compétition. Dans cette compétition, la solidité et la solidarité de la société sont un formidable atout. De même qu’en sport, tout n’est pas dans la valeur individuelle des joueurs, beaucoup est dans l’esprit d’équipe.
Et il n’y a de lien social possible qu’avec une économie créative, tournée vers l’innovation, qui produit de la richesse, et qui offre du travail.
Si bien que social et économie doivent désormais se dire et se penser en un seul mot…
C’est la vision contemporaine de notre modèle républicain français, qui accepte la modernité, connaît les défis de la mondialisation, choisit de les relever dans le cadre national et dans le cadre européen, donne la priorité à la formation de tout un peuple comme arme principale de la compétition.
Cette vision choisit de faire de la France un pays pro-entreprise et pro-recherche. Elle appelle à une vraie politique économique européenne. Elle considère que la lutte contre l’exclusion, à toute génération, oblige à multiplier l’emploi, l’activité. Elle choisit de lutter contre l’accroissement continu de la dette qui est une menace d’abord contre les plus fragiles.
1 – La lutte contre la dette est un combat social
En réalité, nous n’avons pas qu’une seule dette financière qui pèse sur nos épaules, mais trois dettes : une dette financière, une dette générationnelle et une dette écologique.
La dette financière
Le déficit actuel de l’État ne soutient plus la croissance, mais, au contraire, la freine :
- parce qu’en s’accumulant aux déficits sociaux, il crée un climat d’incertitude face à l’avenir et incite les agents économiques à épargner afin de se prémunir contre les menaces que fait planer sur eux la perspective d’avoir un jour à « payer la facture » par des hausses d’impôts, des baisses de prestation, des diminutions de retraite, etc. ; contrairement à ce qui a pu se passer jadis, le déficit actuel « plombe » plus la consommation des ménages qu’il ne la soutient, et son impact sur la croissance est de ce point de vue vraisemblablement négatif ;
- parce que l’épargne importante qu’aspire son financement sert à couvrir des dépenses de consommation ou fonctionnement courant plutôt que des investissements servant à préparer l’avenir ;
- parce que si les taux d’intérêt sont actuellement bas, toute remontée aura des effets désastreux (une remontée de 1 % des taux d’intérêts coûtera 3,4 Mds € en première année pleine, et plus de 10 Mds € dix ans plus tard – soit la moitié de l’actuel budget de l’enseignement supérieur et de la recherche) ;
- parce que tous les pays occidentaux qui ont décidé de s’attaquer à leurs déficits, ont retrouvé un niveau de croissance supérieur à celui qu’ils connaissaient avant, et ont ainsi pu résorber leur problème de chômage ;
- parce qu’il nous met en porte-à-faux quant à nos engagements vis-à-vis de nos partenaires européens. En ruinant notre crédibilité, il nous empêche de retrouver une capacité de « leadership » qui nous permette d’influer sur le cours de l’Europe dans un sens plus favorable à nos intérêts et, partant, de pouvoir contribuer à relancer une dynamique communautaire dans des domaines porteurs de « gains de croissance » ;
- parce que, c’est l’argument le plus important, ce sont les Français les plus fragiles et les plus démunis qui sont les première victimes de la dette et du déficit. Il faut bien avoir à l’esprit que ce combat pour l’équilibre des finances publiques, cette rigueur budgétaire que nous voulons réintroduire dans la culture politique, ce n’est pas un caprice de théoriciens ni un fantasme de professeurs de droit ! C’est le premier geste que nous voulons faire en direction des Français les plus fragiles. Et c’est pourquoi la lutte contre la dette est la priorité de la social-économie.
La dette financière est un ennemi d’autant plus redoutable qu’il nous semble invisible. Au fond, 1200 Mds€, sans compter les 800 Mds€ pour les retraites, c’est une somme tellement ahurissante qu’elle en parait irréelle. Et quelques centaines de milliards de plus, cela ne parle à personne. On se dit même parfois qu’après tout, en quoi cela change-t-il quelque chose pour soi ?
J’avais apprécié le titre que la commission Pébereau avait donné à son rapport, il y a quelques mois : « rompre avec la facilité de la dette publique ». J’ai trouvé ce terme très juste. Une facilité de considérer la dette comme un mode de financement normal des politiques publiques ; facilité de faire de la dette pour s’épargner les indispensables efforts de modernisation de l’Etat ; facilité de justifier par le poids de la dette l’augmentation des prélèvements obligatoires ; facilité d’accroître l’endettement pour financer les dépenses publiques nouvelles ; facilité enfin de laisser filer la dette pour privilégier l’action politique immédiate sur les perspectives de long terme.
Depuis vingt-cinq ans tous les gouvernements ont été coupables de ce laisser-aller. Et nous vivons aujourd’hui une situation où la France connaît à la fois l’un des taux de prélèvements obligatoires les plus élevés des pays industrialisés mais doit malgré tout emprunter pour financer des dépenses encore plus élevées !
C’est ainsi que tous les jours, l’Etat dépense 20% de plus que ce qui rentre dans ses caisses. Pour les élus locaux, ce serait la mise sous tutelle immédiate et leur renvoi devant la cour de discipline budgétaire et financière. Pour les familles, la commission de surendettement. Mais pour l’Etat, quelques mises en garde de Bruxelles, parfois des pénalités, mais en réalité aucune responsabilité lourde qui serait engagée contre ceux laissent perdurer cette situation.
La seule charge de la dette, c’est-à-dire le paiement des intérêts, s’élève à 40 Mds€ dans la loi de finances pour 2007, c’est-à-dire presque autant que l’impôt sur le revenu (57Mds€) ou que l’impôt sur les sociétés (55Mds€).
Notre responsabilité, ce devrait être de tout mettre en œuvre pour stopper l’hémorragie de richesses que représente la dette, puis de tout mettre en œuvre pour la diminuer. Et pourtant, cette élection, comme tant d’autres avant elle, comme si aucune menace ne pesait sur nous, se résume à un concours de promesses et de dépenses nouvelles non financées. A chaque réunion publique, à chaque interview, on ajoute un, ou deux, ou plusieurs milliards de dépenses, pour arriver à des chiffres que les spécialistes évaluent à plus de 60 milliards pour les candidats du PS et de l’UMP.
Cette attitude est non seulement déraisonnable, elle est irresponsable.
Le projet de la social-économie répond à une exigence, celle de la vérité, et un objectif, retrouver l’équilibre de nos finances publiques. C’est pourquoi j’ai dit et redis aujourd’hui que je ne ferai aucune promesse qui ne soit pas entièrement financée par une économie correspondante, qui ne soit gagée comme disent les spécialistes.
Le coût de mon projet : 21 Mds€ de dépenses nouvelles, 21 Mds€ d’économie, et aucune augmentation des prélèvements obligatoires. Charles de Courson vous en présentera le détail, je vous donne les grandes lignes :
- concentration progressive en 3 ans des exonérations de charges sur les PME et les salaires au-dessous de 1,3 SMIC : 9 Mds€ d’économies ;
- contrat de solidarité entre l’Etat et les collectivités locales : 3 Mds€
- plafonnement progressif du montant global des niches fiscales : 4 Mds€
- modernisation de l’Etat : 5 Mds€
Comment se fait la modernisation de l’État ? Le rapport récent de l’inspection des finances donne des exemples édifiants. La décentralisation des compétences n’a pas entraîné de diminution du nombre des fonctionnaires. Entre 1982, date du début de la décentralisation des compétences, et 2007, l’État a augmenté le nombre de ses fonctionnaires de 250 000 et les collectivités locales de 500 000 !
Pour réaliser l’objectif qui est la stabilisation, puis la baisse des déficits et de la dette, je propose d’inscrire dans la constitution l’interdiction pour un gouvernement de présenter un budget en déficit de fonctionnement (hors périodes de récession). En clair, l’Etat s’interdit de financer ses dépenses courantes, son train de vie, par la dette. Et manquer à un tel engagement serait illégal et sanctionnable, par le Conseil Constitutionnel et la cour des Comptes.
Cette interdiction s’accompagne d’un calendrier pour supprimer le déficit de fonctionnement : suppression en 3 ans des 22 Mds€ de déficit de fonctionnement du budget de l’Etat. Ce chiffre repose sur une prévision de croissance raisonnable : à 2 % de croissance annuelle et 1,8 % d’inflation l’augmentation des recettes est de 14 Mds€ par an. Nous proposons de consacrer la moitié de cette somme à la diminution du déficit de fonctionnement. Au bout de 3 ans, nous avons retrouvé l’équilibre : la part de la dette dans la richesse nationale se met à baisser. Et après ces 3 ans, l’Etat (et les collectivités locales) retrouvent donc 7 Mds€ par an de marge de manœuvre.
C’est sur les dépenses que nous devrons agir, bien plus que sur les recettes. Je crois profondément que le parti socialiste se trompe quand il déclare qu’il faudra augmenter les impôts, comme je trouve irresponsable les déclarations de l’UMP qui promettent au contraire de les baisser de 4 points de PIB, soit 72 Mds€ !
Je ne crois pas, compte tenu du niveau de nos prélèvements obligatoires, que leur augmentation sera efficace pas plus que leur baisse réaliste.
- Le taux de prélèvements obligatoires en France est de près de 45 % du PIB ; il est l’un des plus élevés des pays de l’OCDE.
- Dans un monde où la mobilité des facteurs est considérable, la fiscalité constitue l’un des paramètres importants de « l’attractivité d’un pays » pour les entreprises étrangères qui cherchent à y investir ; elle est par ailleurs l’un des éléments de la compétitivité des entreprises nationales compte tenu des charges que les impôts font peser sur leurs prix de revient ; elle influe également sur le pouvoir d’achat des ménages, donc sur le niveau de la consommation dont dépend pour une large part le niveau de l’activité économique ;
- Au regard d’une pratique de gestion rigoureuse des finances publiques, l’accroissement de la fiscalité représente la voie de la facilité : dans un monde où les consommateurs obligent les entreprises à baisser continuellement leurs prix de vente, donc leurs coûts de production, on ne voit pas pourquoi l’État s’exonérerait d’une telle discipline en demandant aux agents économiques – en l’occurrence les classes moyennes, puisque les plus favorisés ont toujours la possibilité de s’expatrier - de couvrir en permanence les dépenses qu’il ne maîtrise pas.
1-2 La dette générationnelle
A côté de la dette financière existe une dette générationnelle, qui touche en particulier à la grande question des retraites. C’est un sujet que l’on connaît bien, depuis le livre Blanc de Michel Rocard. Des dizaines de rapports ont établi tous les constats nécessaires, et des débuts de réformes ont été engagés. Nous avons soutenu leur inspiration, même si elles ne sont pas allées au bout du chemin.
La réforme des retraites est une obligation nationale. Car ni le retour en arrière ni l’immobilisme ne régleront la question. J’ai été stupéfait lorsque j’ai lu dans le programme du parti socialiste, il y a quelques mois, que la première mesure d’un gouvernement de gauche devrait être de supprimer la loi Fillon votée en 2004.
La social-économie veut traiter la question de la solidarité entre les générations. Tout le monde y a le plus urgent des intérêts. Particulièrement les retraités, qui vont voir leurs pensions menacées assez vite. Particulièrement les plus jeunes qui vont avoir à porter un poids qui sera au-dessus de leurs forces…
Elu président de la République, j’engagerai un débat national sur ce sujet des retraites, je saisirai les partenaires sociaux, j’associerai à ses travaux le conseil économique et social, tous les organismes publics et privés concernés et le monde associatif.
Ce travail devra aboutir, en prenant le temps nécessaire, à la rédaction d’un projet de loi que je soumettrai au référendum. Il me paraît essentiel que sur un sujet aussi important, les Français puissent se prononcer en toute connaissance de cause et directement, de manière à ce que la réforme adoptée soit incontestable, pérenne et si possible transpartisane.
Pour moi, elle devra s’orienter autour des principes suivants :
- égalité des Français devant la retraite, en particulier par la prise en compte de la pénibilité du travail dans le calcul des trimestres cotisés. Cette égalité ne consiste pas à mettre tous les Français sous la même toise, mais à considérer qu’à situation égale, les droits doivent être égaux.
- J’inclurai naturellement les régimes spéciaux.
- la retraite par points : des droits qui se créent au fil du temps, une pension qui s’accroît au fur et à mesure des cotisations
- revaloriser le minimum vieillesse et les petites retraites, avec un objectif : 90% du SMIC à la fin du quinquennat (coût 3,3 milliards).
- confier ce sujet en pleine responsabilité aux partenaires sociaux. La social-économie, ce n’est pas que l’Etat en face des Français, c’est aussi une démocratie sociale responsable, une société civile organisée.
1-3 La dette écologique
Il y a un grand mérite à la démarche qu’a initiée Nicolas Hulot avec son pacte écologique. C’est d’avoir su cristalliser des attentes jusque ici confuses, des angoisses non exprimées, un sentiment général qu’il y avait bien une question de l’environnement, mais que cette question n’avait pas trouvé son expression. Nicolas Hulot a réussi à incarner tout cela, mais aussi Al Gore et son film « Une vérité qui dérange ».
Désormais, chacun sait ce qui nous attend. Car le réchauffement climatique, cela ne signifie pas seulement l’augmentation de la température au sol et la montée du niveau des océans, c’est aussi, nous disent les spécialistes, une modification de la valeur ou de la variabilité des précipitations, des vents, de l’humidité des sols… bref, un bouleversement complet, à l’échelle de la planète, non seulement du climat mais également de l’économie, des modes de production, des habitudes…
La question principale est celle de la vitesse à laquelle nous consommons les énergies fossiles, et donc celle de leur prix. Je propose de planifier à long terme une taxation progressive des énergies fossiles. Chacun d’entre nous à programmer dans le temps ses économies et modifier ses modes de consommation. La seule manière d’obtenir un changement complet de comportement à l’égard de l’environnement, c’est qu'on ait intérêt, personnellement, à faire des économies en ayant un comportement citoyen, c'est que cela coûte moins cher de protéger l'environnement que de polluer. Il faut donc une fiscalité écologique, une taxe carbone établie de façon progressive sur 10 à 15 ans, avec le temps nécessaire pour que chacun s’y prépare, pour sauver le climat tout en développant l’emploi.
La crise énergétique nous oblige à changer notre modèle de développement social et économique. La crise de l’énergie et les défis climatiques doivent être une chance. Après tout, dépenser moins d’énergie, c’est pour chaque foyer, du niveau de vie disponible pour vivre mieux. C'est la chance d’une vie différente, plus équilibrée, c'est la création d’emplois non délocalisables. Cela demandera un énorme effort de recherche et d'innovation, celui de réinventer les appareils techniques, l'urbanisme, les véhicules, tout ce qui fait l'infrastructure technique de notre vie.
Ce n'est pas la fin de la croissance, l'économie, de l'entreprise, du progrès technique, c'est le besoin d'encore plus de croissance, d'économie, d'entreprise, de progrès technique, pour construire cette nouvelle façon de vivre ensemble.
Et cela nous conduira aussi à changer les indices avec lesquels nous mesurons notre développement, les indices qui mesurent la santé de notre économie. Le PIB donne la même valeur à une activité humaine qui détruit l’environnement et à une activité humaine qui le sauvegarde. Le travail de dépollution sur l'Erika est compté dans le PIB ! Cela ressemble à une entreprise qui ne proposerait pas de bilan, qui ne différencierait pas l’investissement et les frais généraux. Il faut que nous mesurions désormais, non pas l’activité, mais le développement humain.
2 L’environnement de la social-économie : un pays pro-entreprises et pro-recherche
Pour la social-économie, la clé de la réussite par l’inventivité, l’encouragement à entreprendre, la valorisation du risque. Notre pays, et l’Etat en particulier, doivent être du côté de la création, du côté de l’innovation. Cela veut dire orienter toute l’action publique vers le soutien de la recherche et de l’entreprise. Toutes les décisions en matière de modernisation de l’Etat, de politique fiscale, doivent être orientées autour de cette idée : créer un environnement favorable à la recherche et à l’entreprise. Un environnement fiscal, un environnement social, un environnement administratif.
2-1 La recherche, source de la social-économie
Je vais commencer par la recherche, publique et privée. Pour souligner que la création de valeur, ce qui enrichit la France, est bien plus large que ce qui passe par l'échange marchand. On en a bien d'autres exemples avec l'internet coopératif (le logiciel libre, les wikis), avec la création artistique.
La recherche, c’est la clé de la réussite de notre pays dans la mondialisation. Les conditions de travail des chercheurs sont de plus en plus précaires, et la recherche est considérée en France comme une activité à part, pas du tout comme une formation qui conduit à la responsabilité dans l’entreprise : résultat, les jeunes se détournent de la recherche, la vocation scientifique est de plus en plus rare et les jeunes chercheurs nous quittent pour l'étranger faute de débouchés en France. Que des chercheurs partent à l'étranger, que d'autres nous viennent, c'est très bien. Mais ce que je n'admets pas, c'est que des chercheurs brillants quittent la France faute de moyens.
Je pense au message que m’a laissé sur mon site « Activ55 », un internaute : « La réalité est ainsi en France en 2007 : les meilleurs candidats à la recherche, ayant obtenu leurs diplômes avec mention très bien, ne bénéficient d'absolument aucun dispositif pour leurs études et recherches (ils ne sont plus éligibles aux bourses sur critères sociaux, il n'y a pratiquement pas d'allocation de recherches, ils ne sont pas éligibles aux minima sociaux …). Si vous n’avez pas une famille aisée, vous ne pouvez pas faire face. »
Je veux donc rendre le métier de chercheur plus attractif, par une réévaluation des grilles de salaire. Quand vous êtes payé 1300 € par mois et que votre angoisse, c'est d'arriver à nourrir votre famille, comment pouvez-vous être productif, créatif, pleinement impliqué sur des missions de recherche ?
Je veux faire de la recherche l’une des voies privilégiées pour la sélection des élites, ce qui passe par un accord entre les universités et les grandes écoles, par la possibilité d'allers-retours entre les deux filières : continuer toute formation en grande école par une thèse, effectuer une année en grande école comme école d'application d'une formation doctorale.
Je propose une décision emblématique : exempter d’impôt les revenus des brevets déposés par des chercheurs français ou résidents en France, ce qui encouragera puissamment l’installation en France des chercheurs les plus performants.
Je veux enfin poser la question de la gouvernance des universités. Je tiens au statut national des diplômes, mais la gouvernance de l’université française est déresponsabilisante et labyrinthique. Pour réussir cette autonomie, il faut revoir la gouvernance des universités, en démocratisant son fonctionnement et en promouvant les fonctions d’encadrement. L'université jouera demain dans l'économie de la création, le rôle qu'a joué l'usine dans la société industrielle. Avoir des universités performantes, où tout le monde va dans la même direction, où les expériences des uns et des autres se fécondent mutuellement, c'est la clé de la compétitivité nationale dans les prochaines décennies.
Ma démarche est la même pour les « pôles de compétitivité », qui ont été créés pour rapprocher les entreprises, notamment les PME, et la recherche. L'idée était bonne, mais l'État, sous la pression des élus il faut le reconnaître, l'a gâchée en les multipliant et en n’allant pas au bout de la démarche, si bien que les PME en sont pratiquement exclues dans les faits et que ce sont les grandes entreprises qui ont ramassé la mise. Il faut impérativement simplifier le fonctionnement de ces pôles de compétitivité, pour que chercheurs et les entrepreneurs qui y reprennent le premier rôle.
Les chercheurs se sentent à la fois précarisés et exclus de la sphère de décision sur les politiques qui les concernent : nous devons les sortir de la précarité et les remettre au centre de la prise de décision.
Tout cela demande un engagement précis sur les moyens. C'est pourquoi j'ai proposé un engagement national et transpartisan sur une augmentation régulière, et sur le long terme, du budget de la recherche, de l’ordre de 5 % par an sur dix ans.
Et l’on voit qu’au fond, la recherche d’un côté, l’entreprise de l’autre, doivent enfin se rencontrer et que c’est à l’Etat de les y aider.
2-2 L’entreprise, moteur de la social-économie
Je veux faire de la France un pays de création. Et la création, ce n'est pas seulement la recherche de pointe, c'est aussi le travail quotidien des entrepreneurs. Je veux que la France devienne un pays favorable à la création et au développement des entreprises. Je veux faire de la France un pays pro-entreprise. Car c'est malheureusement, aujourd'hui, un point faible de l’économie française : le manque de considération pour l’entreprise et les entrepreneurs, alors que ce sont les entreprises qui font la santé, la richesse, l’emploi d'un pays. Et plus encore que le manque de considération, le désintérêt.
Beaucoup d'entrepreneurs vous le diront : quand ils ont décidé de se mettre à leur compte, de ne plus être salariés, nombre de leurs amis les ont regardé de travers. Je veux que les entrepreneurs, ceux qui prennent des risques, se sentent reconnus et encouragés. Y compris quand ils ont des difficultés et qu'ils échouent. Et y compris quand ils réussissent et s'enrichissent !
Il faut créer un environnement amical pour l’entreprise, y compris fiscal, particulièrement pour les PME. Tout contrôle devrait être précédé d’un conseil, d’un avis, comme on ferait pour un ami, au lieu de sacrifier à la culture d’inquisition et de suspicion.
La création d'entreprise
La première difficulté du créateur d’entreprise, c’est sa solitude. Quand ils trouvent un « parrain », un senior qui peut les accompagner, faire le point avec eux, leur ouvrir des portes, ils réussissent. Quand ils n'en ont pas, le taux de réussite est beaucoup plus faible.
Deuxième problème, les banques. Les banques françaises ont mille opportunités pour placer les fonds qui leur sont confiés en achetant des titres de la dette publique, et autres placements sans risque, elles sont très peu intéressées pour prêter 50 000 € au boucher qui veut reprendre une boucherie, ou aux associés qui cherchent 100 000 € pour créer un garage spécialisé sur la marque de moto dont ils sont "fans".
Je propose trois choses
Tout d'abord, multiplier en France les "centres de créativité" en s'inspirant de l'expérience canadienne ou de l'expérience américaine (sur laquelle je reviendra tout à l'heure, celle de la Small Business Administration). Toute personne qui envisage de créer une activité doit y être bienvenu, même s'il est salarié, même s'il n'a encore qu'une idée et pas un projet ficelé. Ces centres organiseront des séminaires, des week-ends de créativité, tout ce qui peut aider les projets à mûrir, avec l’aide de professionnels des mêmes secteurs. Ils mettront en relation les créateurs avec des seniors du même métier, qui les "parraineront" sur un an, deux ans s'il le faut.
Deuxièmement, inciter les personnes de bonne volonté à s'impliquer sur l'accompagnement des entreprises débutantes. C'est ce que font l'ADIE ou, depuis 20 ans, les Cigales. Un projet soutenu par ces structures est bien plus facilement accepté par les banques.
Et pour des projets qui demandent un investissement plus important, il faut que la France ait enfin ses "business angels", ses investisseurs individuels. Elle en a, mais dix à vingt fois moins qu'il ne le faudrait. Les "business angels" français ont incité l'État à définir un statut, la "Société Unipersonnelle d'Investissement à Risque", depuis 2004, dont le principe est excellent. Mais l'administration de Bercy n'a pu s'empêcher de multiplier les restrictions, si bien que ce statut reste pratiquement inemployé.
Troisièmement, mise en place pour soutenir les activités débutantes d’un système de caution mutuelle permettant de garantir aux banques une meilleure sécurité de leur intervention.
Le Small Business Act
Je m’engage sur une mesure active de protection de la petite et moyenne entreprise : un "Small Business Act" à la française dont les trois axes principaux sont la simplification, la protection et l’accès aux marchés publics.
D’abord, la simplification. Les contraintes de l’administration, des impôts, du droit et des procédures sont un vrai labyrinthe. Et l’entreprise de 15 personnes, ou l’artisan qui a un ou deux compagnons, dont la femme assure le quotidien de la comptabilité et des papiers, s’arrache les cheveux devant cette paperasse ! Parce que l’obsession du jeune chef d’entreprise doit rester le carnet de commande et non la masse de formalités à accomplir, je veux que la culture de la simplification sorte des mots pour entrer dans la réalité. Je propose la création d’un guichet unique pour toutes les démarches (URSSAF, impôts, TVA, retraite…).
Ensuite, la protection, notamment des jeunes entreprises. Je propose une protection active de leur trésorerie de ces entreprises, ou plus exactement de l’équité des marchés, par une diminution des délais de paiement des grandes entreprises et de l’Etat à l’égard des PME.
La fiscalité doit aussi permettre aux jeunes entreprises de réinvestir le maximum de leurs bénéfices.
Il faut que l'entrepreneur puisse faire bénéficier ses salariés, par l'intéressement, de la réussite de son entreprise.
Il existe déjà des mesures fiscales très, très favorables pour les jeunes entreprises, l'intéressement, l'impôt sur les sociétés des TPE (l'IS a un taux réduit à 15% jusqu'à 38 120 € de bénéfice, si le capital est détenu au moins à 75% par des personnes physiques).
Troisièmement, accès aux marchés publics. Réserver en Europe, comme les Etats-Unis le font depuis 50 ans, une part des marchés publics aux PME, par exemple, 20 % du volume total des grands marchés et la totalité des marchés inférieurs à 50 000 €.
Encourager l'entreprise à employer.
Au fond, le problème de l'économie française est simple : nous aurions besoin que tout le monde soit sur le pont, que tout le monde soit à la manœuvre, et 4 millions de personnes sont chez elles sans emploi, sans compte toutes celles qui sont gravement sous-employées, parce qu'il a bien fallu accepter quelque chose.
Comment faire pour les remettre en situation de contribuer à la richesse commune ?
Le poids des charges
Si une entreprise, à production de richesse semblable, crée des emplois, elle paye le maximum de charges ; si elle n’en crée pas, elle paye très peu. Formidable injustice. Rien ne justifie que l’ensemble du financement de la protection sociale repose sur le travail.
Bien sûr, l'assurance chômage, l'assurance contre les accidents de travail, la retraite par répartition, sont liées au contrat de travail, à la rémunération du travail. Mais les soins de santé, ou la politique familiale, sont destinés à l'ensemble de la communauté nationale, ça ne concerne pas seulement les salariés ou les travailleurs : cela n'a pas de sens que leur financement soit concentré sur le travail. Je pense que les sociétés de l'avenir trouveront d'autres bases que le travail pour assumer le coût de la santé.
Une des solutions que beaucoup préconisent, et en particulier Jean Arthuis, c'est la TVA sociale. Mais c'est un basculement très important. Nous allons observer ce que cela donne en Allemagne, puisque le gouvernement d'Angela Merkel a augmenté de 3 points la TVA, dont 1 point pour alléger les charges. Pour l'instant, les résultats sont très encourageants, puisque les prix, au lieu d'augmenter, ont reculé de 0,2% en janvier, mois où a été instauré ce nouveau taux de TVA.
Je crois en tout cas qu'une baisse des charges déclencherait la création de nombreux emplois. Et pour le vérifier, je propose un test grandeur nature qui peut se faire immédiatement. Toute entreprise aura le droit de créer deux emplois nouveaux sans charges pendant cinq ans. Sans charges, sauf 10 % destinés à améliorer le financement des retraites.
C’est évidemment très peu de chose pour une très grande entreprise, mais une aide déterminante pour une petite ou très petite entreprise. Or sur 2,7 millions d’entreprises en France, 1,5 million n’ont aucun salarié, 1 million ont entre 1 et 9 salariés. Deux emplois nouveaux, cela signifie qu'on prendra le nombre d’emplois dans l’entreprise au 1 er juin, et la mesure s’appliquera à deux emplois qui viendront en supplément de ce chiffre : si l’entreprise a 5 salariés au premier juin, la mesure s’appliquera au 6 e et 7 e emplois lorsqu’ils seront créés ; si elle en a 45, au 46 e et 47 e ; si elle n’en a aucun, au premier et deuxième.
De quels emplois s’agit-il ? Tous les emplois sans exception, en CDI avec une période d’essai, avec un plafonnement pour éviter les abus (par exemple la mesure pourrait être plafonnée à 5000 €). Cela favorise évidemment les premiers emplois pour étudiants diplômés, et les emplois pour plus de cinquante ans, les uns et les autres étant souvent considérés comme coûtant trop cher à l’entreprise.
Nous évaluerons publiquement cette politique au bout de deux ans. Il s'agit pour moi d'un moyen de vérifier en quelques mois, selon ses résultats, si oui ou non la question des charges pesant sur le travail est déterminante pour la création d’emplois.
3 Les outils de la social-économie : la politique économique européenne
Pour répondre aux défis et aux enjeux nés de la mondialisation, nous avons besoin d’Europe. Parce que toutes les entreprises de l’Union sont confrontées à la même concurrence, nous devons apporter une réponse commune qui, aujourd’hui n’existe pas.
Notre objectif commun, ce doit naturellement être une croissance durable. C’est l’esprit de la "stratégie de Lisbonne" : faire de l’Union l’économie de la connaissance la plus compétitive et la plus dynamique du monde d’ici 2010, en travaillant en profondeur (investissement dans les infrastructures, la recherche, la formation), dans un environnement macro-économique sain (faible inflation, monnaie stable, réduction des déficits publics).
Mais la stratégie de Lisbonne, c’était un catalogue de bonnes intentions. Ce catalogue n’a été suivi d’aucun effet concret. C’est l’Europe verbale, pas l’Europe agissante.
Nous avons des atouts.
Bien sûr, nous avons l'euro, et l'indépendance de la Banque Centrale Européenne. Une banque centrale indépendante : protection contre les pressions politiques et la politique de court terme. Défendre la banque centrale contre les attaques de Ségolène Royal et de Nicolas Sarkozy. Les Français l’ont voulue, et ils ont eu raison.
Une monnaie forte = protection de la valeur des investissements dans la zone euro contre l’inflation qui déprécie les actifs = la meilleure protection contre la délocalisation des capitaux.
Le niveau de l’euro est-il élevé ? Il est stable face à de grandes monnaies, il est élevé face au dollar qui a sérieusement décroché. Est-ce que cela pénalise notre commerce extérieur ? Oui, dans certains secteurs, au contraire dans d’autres (pétrole par ex.)...
La BCE est-elle responsable du taux de change de l’euro ? Non.
Les vrais coupables : le déficit de la balance courante américaine, qui tire le dollar vers le bas, la stratégie monétaire japonaise, qui pratique des taux quasi-nuls depuis 15 ans et enfin le dumping monétaire de la Chine, qui maintient un yuan sous-évalué.
Nous avons donc l'euro et la BCE, mais pour le reste ? Nécessité de bâtir un gouvernement économique européen.
Comment rester dans la course face aux Américains, aux Chinois et aux Indiens, si on ne se décide pas à mettre en commun nos capacités de recherche ? On a parlé d'énergie, on a défini dans ce domaine la "concurrence", la "sécurité de l'approvisionnement", on s'est mis d'accord sur la nécessité des interconnections, et que se passe-t-il ? Rien, car il n'y a ni agence ni budget pour réaliser ces interconnections, car il n'y a pas d'autorité de régulation pour veiller à la concurrence et à la sécurité.
On a confié à l'Europe mandat de négocier pour nous à l'OMC : les Etats-Unis sont en première ligne dans les négociations avec l'Asie, et on n'entend pas la voix de l'Europe. L'Europe est la zone économique la plus ouverte du monde et c'est bien, car l'ouverture est sa carte et son talent dans la mondialisation ; mais elle doit obtenir la réciprocité, le respect des règles ! Aujourd'hui la concurrence internationale est faussée par le dumping monétaire comme dans le cas du yuan, par le dumping écologique dans les pays non signataires, par le non-respect des règles internationales du travail, par la contrefaçon. J’étais hier à Castres…
La mondialisation que nous voulons promouvoir, celle que l'Europe doit faire respecter, c'est une mondialisation qui respecte les principes de droit, d'équité, de réciprocité.
Nous avons besoin d'une politique économique de l'Europe dans le monde, et nous avons besoin d'une harmonie dans la politique économique à l'intérieur de l'Europe.
Je considère donc comme une priorité d'institutionnaliser le groupe des pays de la zone euro, l'eurogroupe, qui est le cadre dans lequel cette politique pourrait être définie. C'est l'instance grâce à laquelle pourrait progresser l'harmonisation de nos règles sociales, que la monnaie commune européenne appelle de toute évidence.
Il faut stopper la machine infernale de la concurrence fiscale, la course au moins-disant fiscal, la prolifération des cadeaux fiscaux aux multinationales, en établissant pour chaque impôt des règles d’assiette communes et des fourchettes de taux communes, avec un minimum et un maximum.
En matière d'harmonisation fiscale et sociale, je donnerais la priorité à l'harmonisation de l'impôt sur les sociétés, qui est une source de dumping fiscal.
Pour éviter des distorsions de concurrence, et peut-être créer une ressource budgétaire commune aux pays de la zone euro, on pourrait évoluer ensemble vers une fiscalité écologique, en relançant le projet d’écotaxe que la Commission Delors avait lancé en 1992.
La TVA, elle, devrait rester de compétence nationale car elle ne fausse pas la concurrence entre pays.
4 Les outils de la social-économie : la fiscalité
Pour que les particuliers comme les entreprises puissent investir, puissent épargner, puissent penser leur avenir dans le long terme, il est tout d'abord nécessaire que la fiscalité soit stable, prévisible, annoncée, et soit simplifiée pour devenir enfin lisible.
La multiplication des niches et des dérogations, la survivance d’impôts archaïques - de certains impôts locaux notamment - a rendu notre fiscalité illisible, complexe et injuste.
La fiscalité doit être incitative, récompenser l'activité, l'innovation, la recherche, récompenser les comportements écologiques.
Enfin la fiscalité doit être juste et non rétroactive, elle doit mettre les citoyens à contribution « à raison de leurs facultés », comme le dit la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen en son article 13 !
L’impôt sur le revenu
Il y a une action à mener sur les quelques 40 Mds€ que représentent les 300 dépenses fiscales, sur ce qu’on appelle les « niches » et qui sont, malgré l’intérêt qu’elles représentent, autant d’atteintes au principe de la progressivité de l’impôt.
Je sais bien quelles difficultés existent à supprimer telle ou telle niche, parce qu’immédiatement on considère que vous montrez du doigt ceux qui en bénéficient, vous stigmatisez telle ou telle catégorie de Français, vous attaquez telle ou telle politique publique. C’est tout l’inverse de ce que représente la social-économie, qui est un projet de rassemblement et de réconciliation. Donc un projet de justice.
C’est pourquoi j’estime que l’avantage fiscal né du cumul des niches doit être plafonné, pour chaque contribuable, à un montant qui sera fixé en pourcentage de son impôt, par exemple 20 % de l’impôt dû, avec un plancher qui garantira le respect des petits revenus.
L’ISF
L'impôt sur la fortune tel qu'il est conçu a fait beaucoup de dégâts. Une nation qui accepte l’exil de ses citoyens les plus riches, accepte de s’appauvrir. Et dans le même temps, il est juste que les plus fortunés acquittent une cotisation d’impôt supplémentaire, au titre de la redistribution et de la solidarité.
Beaucoup d’hypocrisie tourne autour de cet impôt. Je pense en particulier au bouclier fiscal. L’un des candidats a proposé de fixer à 50% du revenu le montant maximal d’impôt pouvant être prélevé au titre de l’IR, de l’ISF, en y incluant la CSG et la CRDS. Si vous vous arrêtez quelques minutes sur ce choix, vous vous apercevrez vite que 50-11 (CSG et CRDS) = 39, soit le taux marginal de l’IR. En clair, le bouclier Sarkozy permet aux contribuables les plus riches d’échapper à l’ISF alors que les contribuables moins fortunés continueront à y être soumis.
Pour l’ISF, je suis partisan d’une imposition sur le patrimoine à base large, mais à taux léger ! J’ai évoqué l’idée d’un taux uniforme de 1 pour 1000 à partir du seuil actuel de 750 000 €. J’ai entendu les remarques sur l’outil de travail et sur les œuvres d’art. Elles m’ont paru fondées. Je ne proposerai donc pas de changer substantiellement l’assiette actuelle. Je pense en revanche que l’on peut inciter, à un taux aussi supportable que celui-là, à de plus justes déclarations qui élargiront l’assiette.
Les droits de succession
Aujourd'hui, 80% des successions sont exemptées de tout impôt.
Sur les 20% restants, l'État prélève chaque année 6 milliards d'euros de droits ; mais la quasi-totalité de ces 6 milliards correspondent à des successions supérieures à 200 000 €.
Je propose donc d'exonérer complètement les successions en ligne directe jusqu'à 200 000 € et de relever l’abattement par part d’enfant.
Le vrai encouragement, étant donné l’allongement de la durée de la vie, devra porter sur la transmission du patrimoine aux enfants du vivant des parents.
5 La finalité de la social-économie : le progrès social
5-1 Mettre ou remettre le pied à l'étrier, à ceux qui sont loin de l'emploi
L'emploi des jeunes
Le plus grand défi en matière d'emploi est celui de l'emploi des jeunes, en particulier des jeunes sans diplôme. Ce n'est pas une politique de précarité qui les aidera à entrer dans l’emploi, mais une politique de formation. Il faut donc associer premier contrat de travail et formation professionnelle, accepter que la collectivité prenne en charge la part du salaire consacrée à la formation du jeune débutant.
Quand ces jeunes débutent dans la vie, il est juste que leur formation à l'exercice même d'un métier ne soit pas à la charge de l’entreprise. En Autriche, la prime annuelle de formation pour les contrats d’apprentissage est directement versée à l’employeur. En République Tchèque, les employeurs perçoivent l’équivalent d’une année de salaire pour fournir une formation en cours d’emploi. Cette première année de travail doit être assortie d'un tutorat assez proche, assez exigeant pour assurer la qualité de l'insertion professionnelle du jeune. Voilà le modèle du contrat de travail et de formation professionnelle que je propose.
Et une autre proposition, que nous faisons depuis 2001, va être d'un grand effet pour l'emploi des jeunes. C'est la création du service civique universel. Avec le service universel, tout jeune qui cherche un emploi aura six mois d'expérience à faire valoir. Six mois qu'il aura consacrés à des actions en France, en Europe ou dans les pays en voie de développement, dans le secteur non marchand, l'aide aux personnes en difficulté, la protection de l'environnement, etc. Il aura un numéro de téléphone à indiquer sur son CV, le numéro des gens avec qui il aura travaillé, et qui pourront témoigner de ses capacités. Je suis certain que ce sera un accélérateur formidable pour que les jeunes accèdent à l'emploi.
Minima sociaux et retour à l'activité ou l'emploi
Notre système de minima sociaux décourage bien souvent le retour à l'emploi. Dans nombre de cas, si vous sortez du minimum social pour entrer au travail, vous y perdez, singulièrement si vous êtes une jeune femme seule qui élève un ou plusieurs enfants. Vous y perdez des aides complémentaires attachées à ces minima sociaux, et vous devez faire face à la garde des enfants, au transport…
Si on passe de l'inactivité à l'activité, on doit y gagner !
Je propose donc l'unification des minima sociaux en une allocation unique, par points (par exemple, être en situation de femme seule avec enfants donnerait tant de points), conciliable un certain temps avec un salaire, de manière dégressive.
C'est précisément aux mères de famille qu'il est souvent le plus difficile de reprendre un travail, et souvent, on ne leur propose qu'un temps partiel très insuffisant et à des horaires difficiles à vivre. Il y a quelques jours à Poitiers, les femmes qui travaillent dans les grandes surfaces m'en ont parlé de façon émouvante. Pour assurer l'égalité des femmes et des hommes devant le travail, il faut développer des crèches collectives et familiales à horaires adaptés, proches des lieux de travail, tout en évitant qu'elles ne soient liées à l’entreprise, pour éviter que les femmes ne soient corvéables à merci.
Mais je sais bien que ces incitations ne suffiront pas, que les emplois restent trop rares. Et je ne me résous pas à voir tant de capacités inemployées. Innombrables parmi les RMIstes, par exemple, sont ceux qui ont une formation, une compétence, sportive, informatique, une passion, un talent, un don, une capacité. Tout revenu minimum garanti doit donner lieu à une activité dans la société (sauf en cas d’incapacité), et cette activité doit donner lieu à un revenu complémentaire. C’est ce que j’appelle l’activité universelle rémunérée. Tout le monde y gagne : les enfants à la sortie des écoles, les associations qui manquent de bénévoles, les clubs qui ont besoin d’animateurs, les forêts qui flambent faute de débroussaillage, les personnes qui ont des difficultés à se déplacer dans les aéroports et les gares … et les bénéficiaires des minima eux-mêmes.
L'activité universelle rémunérée et l'allocation unique par points, voilà une stratégie d'encouragement à l'emploi.
5-2 Rendre du pouvoir d’achat aux Français
Il faut également résoudre les problèmes posés par les 35 heures. Les systèmes successifs proposés pour cela par le gouvernement sortant, usines à gaz successives, n'ont rien résolu du tout.
Injustice du système actuel : 10% et 25% selon la taille de l’entreprise.
Je propose une mesure simple. Que le paiement, par tous les employeurs, des heures supplémentaires (entre 35 et 39 heures) soit majoré de 35% pour récompenser le travail, et que les cotisations sociales seront réduites en proportion afin que les entreprises ne supportent aucun coût supplémentaire. La 36 ème ou la 39 ème heure coûtant à l'employeur le même prix que la 35 ème, on aura mis fin au blocage que représentaient les 35 heures.
Je suis bien entendu totalement opposé à la proposition de Nicolas Sarkozy, qui propose d'exempter les heures supplémentaires de toutes charges et de tout impôt. Dans ces conditions, les employeurs auraient tout intérêt à faire travailler tout leur personnel en permanence en heures supplémentaires, et ne seraient pas du tout encouragés à embaucher ! C'est l'inverse de la politique qu'il faut mener, et qui doit être tournée vers l'emploi.
Il y a un immense chantier à prendre à bras le corps qui est celui de l’intéressement et de la participation. Rendre liquide la participation.
Le modèle de l’économie mutualiste et coopérative, l’économie sociale et solidaire
Je voudrais également souligner l'apport, à notre société, de l'économie solidaire, des mutuelles, des coopératives. Voilà un modèle coopératif qui a une longue histoire et que nous voulons défendre pour aujourd'hui et pour demain.
Il y a dans ce modèle une visée humaniste et responsable, un ancrage territorial qui nous paraît à encourager.
Ce n’est pas un modèle qui appartient au passé : c’est un modèle qui appartient à l’avenir.
Autre chantier : l’économie solidaire. Je soutiendrai les réseaux de micro-crédit et de création d’entreprise par les demandeurs d’emplois.
5-3 L’importance de la démocratie sociale et les partenaires sociaux
Le droit du travail
Beaucoup d'employeurs disent : ce qui nous empêche d'embaucher, c'est qu'on a peur d'un litige si le salarié ne convient pas. Parce que les métiers d'aujourd'hui deviennent si complexes qu'une période d'essai d'un ou deux mois ne suffit plus pour juger de l'aptitude d'un salarié. Parce que les procédures aux prud'hommes les inquiètent, qu'un artisan ou un commerçant ne se sent pas outillé pour faire face à un litige.
Mais je ne crois pas que la solution soit de multiplier les contrats plus ou moins dérogatoires, si nombreux aujourd’hui qu’aucun expert ne saurait les citer tous : il faut un droit du travail simplifié, compréhensible par tous, laissant une large part à la négociation des branches et des entreprises. Car la situation de travail dans les métiers de l'élevage a peu de choses à voir avec celle d'un vendeur d'habillement ou d'un conseiller bancaire !
Le contrat de travail normal devrait être le CDI. Ce contrat doit permettre au salarié de voir ses droits augmenter avec l'ancienneté, comme c'est d'ailleurs déjà largement le cas. Avec un cadre d'ordre public édicté par la loi, et le reste décidé par les partenaires sociaux. En tout cas, je ne prendrai pas le CNE comme modèle, comme l'avait proposé Nicolas Sarkozy, parce que pouvoir licencier pendant deux ans sans explication est très choquant.
Notre mission n’est pas de répandre la précarité, ni pour le salarié, ni pour l’entreprise. Les Français ont au cœur un tout autre modèle, où les rapports entre le salarié et l’entreprise sont équilibrés, où l’entreprise est libre et respectée.
Tous les syndicats, syndicats patronaux comme syndicats de salariés, que je rencontre, me tiennent le même langage. Faisant souvent référence aux exemples danois ou suédois, ils me disent "dans le monde d'aujourd'hui, dans l'économie mondialisée, une entreprise n'a plus la capacité de garantir l'emploi de chacun de ses salariés. Mais la société dans son ensemble peut avoir la capacité de sécuriser le parcours professionnel de ce salarié, de l'accompagner dans ses changements d'entreprise ou de métier." C'est un discours qui me donne beaucoup d'optimisme. Il montre que quand on fait les mêmes constats, quand on accepte de faire face à une même situation, on peut avancer ensemble. C'est pourquoi je m'engagerai sur les propositions que me feront les partenaires sociaux, afin de concrétiser ce projet de "sécurité sociale professionnelle".
Autre sujet qui concerne au premier chef les partenaires sociaux : il faut de toute évidence repenser la formation professionnelle initiale et continue. Il faut qu'elle puisse se combiner avec des formations académiques diverses, littéraires, scientifiques, juridiques, techniques, artistiques… Ainsi, les métiers de l’entreprise pourront accueillir des personnes ayant des formations académiques différentes, ce qui sera un facteur formidable d'innovation et de dynamisme.
Respecter le rôle des partenaires sociaux, restaurer la démocratie sociale, va bien au-delà de la réglementation du travail et du licenciement. C'est aussi respecter leur autonomie de gestion sur les questions qui concernent essentiellement employeurs et salariés. Ainsi, le système de retraite par répartition universel que je propose sera géré en pleine responsabilité par les partenaires sociaux
C'est enfin les consulter sur les questions législatives ou réglementaires qui les concernent. Dès 2002, j’avais proposé que soit inscrite dans la Constitution l’obligation de consulter les partenaires sociaux avant toute réforme du droit du travail. C’est aux politiques d’assumer la responsabilité des décisions, mais il faut auparavant une réflexion partagée avec ceux qui seront les utilisateurs, qui assumeront les décisions prises. Je suis favorable à un délai incompressible de trois mois, sauf urgence, avant toute décision publique, en particulier les décisions législatives et réglementaires. L’organisation du débat public doit se faire, c'est d'ailleurs la mission du Conseil économique et social qu'il faudra élargir et rénover, afin de mettre en saine confrontation les acteurs économiques et sociaux. Cela permettrait de faire bouger beaucoup de choses.
Publié le 21/02/2007 à 12:00 par didierpierflorentin
Ce qui est plaisant dans les attaques que doit supporter aujourd'hui François Bayrou, de la part des socialistes comme des "populaires", c'est qu'elles sont signifiantes.
En effet, dès lors que l'attaque ne se porte plus vers son seul principal adversaire et que les mots deviennent plus agressifs voire violents, c'est que la crainte se fait jour...
Et plus François Bayrou sera attaqué, plus ses soutiens vont grandir, plus ses détracteurs vont le payer cher...
Publié le 16/02/2007 à 12:00 par didierpierflorentin
François Bayrou s'est prononcé lundi à Strasbourg en faveur d'un nouveau référendum sur un nouveau traité constitutionnel de l'Union européenne après une phase de "clarification" sur le contenu du texte.
"Pour moi, lorsque cette question sera posée, il est hors de question qu'elle soit traitée en dehors du référendum des citoyens", a déclaré le candidat de l'UDF à l'élection présidentielle lors d'une conférence de presse au Parlement européen.
"Je m'opposerai à ce qu'une ratification parlementaire élude la réponse extrêmement forte que les citoyens français ont énoncée en mai 2005", a ajouté le candidat centriste en faisant allusion au rejet français par référendum du projet de Constitution européenne il y a près de deux ans.
Le nouveau référendum pourrait, selon lui, se tenir en 2009, au moment des élections européennes, après une phase de clarification, suivie d'une conférence intergouvernementale chargée d'arrêter les termes du nouveau traité.
"Il faut un texte bref, dense, significatif, pas mini mais solide, lisible par tout le monde", a-t-il précisé.
François Bayrou a critiqué le silence supposé des autres candidats sur le sujet.
"Personne n'en parle. Tout se passe comme si c'était un sujet éloigné des préoccupations des Français. Je le crois au contraire central", a affirmé le président de l'UDF.
"Pourquoi Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal sont-ils aussi éloignés du projet européen ? Parce qu'ils estiment que c'est un sujet secondaire, qu'il n'y a que des coups à prendre", a-t-il poursuivi.
François Bayrou avait lancé en 2000 une initiative pour une constitution européenne avec le Vert Daniel Cohn-Bendit, quand tous deux étaient eurodéputés.
Passant de la parole aux actes, le candidat centriste a consacré à l'Europe la moitié du discours d'une heure et demie qu'il a prononcé dans la soirée au Palais des congrès de Strasbourg.
2.00O PERSONNES A STRASBOURG
Dans cette terre démocrate-chrétienne et majoritairement acquise à la cause européenne, il a réuni plus de 2.000 personnes, faisant de la réunion le plus important meeting politique qu'ait connu la capitale alsacienne depuis longtemps.
En dépit de l'ouverture d'une seconde salle, le public s'était massé dans le hall du bâtiment pour regarder sur un écran l'orateur, entouré de parlementaires européens parmi lesquels le Polonais Bronislaw Geremek, ancien leader du syndicat Solidarité.
François Bayrou a opposé ceux qui veulent "l'Europe pour en faire un grand marché" et ceux qui veulent "l'union de l'Europe pour changer le monde et défendre notre modèle de société européen, nos valeurs d'efficacité et de solidarité, notre modèle social et culturel".
"Ma conviction est que ce dont nous avons besoin aujourd'hui, c'est d'une Europe pour changer le monde", a-t-il dit sans exclure une Europe formée de deux cercles concentriques ou "une fédération dans une confédération", selon les termes de François Mitterrand, qu'il a cité.
François Bayrou a proposé "sept grands chantiers" qui doivent être au coeur du premier cercle, "l'Europe politique" : politique économique, diplomatie, défense, politique environnementale, politique énergétique, immigration et codéveloppement ainsi que recherche.
Interrogé au Parlement européen sur la Banque centrale européenne, le candidat de l'UDF s'est dit "en désaccord profond" avec Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal, qui souhaitent élargir ses missions au-delà de la lutte contre l'inflation et les déficits publics.
Il a néanmoins estimé qu'on "gagnerait à développer les échanges entre la Banque centrale et l'Eurogroupe" (les ministres des Finances des pays de la zone euro). "Je pense qu'on pourrait en faire une disposition constitutionnelle", a-t-il ajouté.
lundi 12 février AP
Publié le 16/02/2007 à 12:00 par didierpierflorentin
Le candidat de l'UDF François Bayrou a annoncé jeudi soir qu'il était pour la réforme des retraites et "qu'il soumettra" le texte "au référendum des Français" s'il est élu président de la République.
"La réforme des retraites, elle est obligatoire quel que soit celui qui sera élu. Et celui qui ne le dit pas, c'est qu'il dit pas la vérité aux Français", a-t-il affirmé lors de l'émission "A vous de juger" sur France-2.
Le candidat UDF à l'élection présidentielle a expliqué qu'"il y a une telle croissance du nombre de personnes âgées que ceux qui sont au travail vont avoir à porter un poids lourd sur les épaules. Donc la réforme est obligatoire".
Il a ajouté que "cette réforme, elle devra traiter également les régimes spéciaux et les régimes ordinaires et il faudra qu'elle le fasse de manière juste". S'il est élu, François Bayrou fera "la réforme des retraites". "Je la soumettrai au référendum des Français".
Ainsi, "personne ne pourra craindre qu'on décide dans son dos à sa place, sans lui avoir dit. C'est aussi un moyen d'éviter des affrontements très lourds, c'est les Français qui trancheront", a poursuivi le candidat de l'UDF.
Selon lui, "on doit maintenir la possibilité de choisir l'âge de son départ à la retraite en fonction de la pension que l'on recevra. On peut partir à 60 ans mais on aura une pension fixe. Si on la trouve insuffisante, on peut prolonger de plusieurs années (...) pour améliorer sa pension, ainsi on est libre de l'âge du départ à la retraite".
"Ça veut dire aussi qu'on règle la question pour que les entreprises ne se débarrassent pas de ceux qui ont plus de 50 ans. C'est une grande injustice et aussi une hypocrisie. On s'en débarrasse parce qu'ils coûtent trop cher", a précisé François Bayrou.
Publié le 16/02/2007 à 12:00 par didierpierflorentin
AFP
Le candidat UDF à la présidentielle François Bayrou a tracé lundi soir sa vision d'une Europe "pour changer le monde", lors d'une réunion publique à Strasbourg.
"Je n'ai qu'une photo dans mon bureau, c'est celle de Robert Schuman", père fondateur de l'Europe, a déclaré cet européen convaincu devant quelque 3.000 personnes réunies au Palais des Congrès.
"Je veux parler d'Europe, dans cette campagne électorale où personne n'en parle", a ajouté le candidat centriste, précisant au passage que s'il était "élu président de la République", le siège du parlement européen resterait à Strasbourg.
Au-delà d'une simple Europe "juridique", zone de commerce avec des normes de droit communes, il a plaidé pour une Europe "politique", s'enflammant pour esquisser une "union de l'Europe pour changer le monde, pour défendre notre modèle de société européen, nos valeurs, sociales en particulier, ainsi que culturelles".
Dans cette optique, il a désigné "sept chantiers", concernant l'économie, (harmonisations budgétaire et fiscale), la diplomatie, la défense, le climat et la bio-diversité, l'énergie, l'immigration et le co-développement, ainsi que la recherche.
Le "socle" de cette Europe politique serait "les pays fondateurs et ceux qui ont l'euro en partage", mais aussi "ceux qui voudront se joindre à eux car ce n'est pas un cercle fermé", a-t-il dit.
M. Bayrou, qui avait défendu le oui au référendum du 29 mai 2005 sur la Constitution européenne, a dit vouloir s'adresser "aux défenseurs du oui" mais aussi "à ceux qui ont voté non parce qu'il ont cru au plan B".
Il a estimé que "l'inspiration de la Constitution européenne", qui voulait "une démocratie organisée pour l'Europe", était "juste". Mais "le texte était illisible pour tout le monde, y compris pour ceux qui l'ont écrit", a-t-il lancé.
Pour sortir de la "crise institutionnelle" dans laquelle a plongé l'Union européenne le rejet du projet de traité constitutionnel par la France et les Pays-Bas, il a estimé que l'Allemagne, qui assume actuellement la présidence tournante de l'UE, devrait convoquer une conférence intergouvernementale.
Cette conférence serait chargée de bâtir "un texte répondant aux inquiétudes exprimées par les différents peuples", avec l'objectif d'aboutir "sous présidence française" au deuxième semestre 2008.
Ce texte "substantiel, mais simple et compréhensible par tous", serait ensuite soumis à référendum en France, a-t-il proposé.
"Je ne suis pas d'accord avec Nicolas Sarkozy qui veut faire adopter un nouveau texte par la voie parlementaire", a-t-il souligné.
En "préalable" à cette "Europe démocratique", M. Bayrou a estimé qu'il était nécessaire de "décider une pause dans les différents élargissements".
Mais même s'il est opposé à une adhésion de la Turquie à l'Union européenne, le président de l'UDF a précisé que s'il était élu président de la République, "la signature de la France ne serait pas reniée concernant l'ouverture des négociations d'adhésion" avec ce pays.
"Je serai vigilant, j'aurai l'exigence nécessaire mais une parole de la France est une parole de la France", a-t-il expliqué.
Publié le 16/02/2007 à 12:00 par didierpierflorentin
PARIS (AP) -
François Bayrou a annoncé qu'il est pour un pacte d'"union civile" pour les "couples homosexuels" leur permettant "d'avoir les avantages en terme de transmission" et pour la possibilité de "reconnaître le lien entre l'enfant et le deuxième parent" dans le cadre de l'homoparentalité.
"Je suis pour une union civile qui permet à des couples homosexuels d'avoir les avantages en terme de transmission", a-t-il expliqué lors de l'émission "A vous de juger" sur France-2.
"La transmission de l'un à l'autre en cas de décès, l'un des principal problème qui se pose à des personnes qui ont vécu ensemble et qui sont considérés comme des étrangers les uns aux autres aux yeux du Fisc, ça ne me paraît pas normal", a poursuivi le candidat UDF.
Il a expliqué que "l'homoparentalité elle existe. Il y a beaucoup d'hommes et de femmes qui élèvent des enfants après avoir découvert ou après avoir révélé leur homosexualité alors qu'ils ont eu déjà des enfants. Ils les élèvent, font tout ce qu'ils peuvent, et y arrivent le plus souvent. Ils arrivent aussi que des couples hétérosexuels n'arrivent pas très bien à élever des enfants".
"Ils sont 30.000 enfants élevés dans le seul cadre d'un couple homosexuel", a noté le candidat centriste. "Ils n'ont pas d'autres parentés à l'extérieur que les deux femmes en général qui les élèvent".
"Je suis que pour dans ce cas-là, on puisse reconnaître le lien entre l'enfant et le deuxième parent. Si la personne, la mère généralement par qui l'enfant a été conçu meurt, qu'est ce qu'il reste?", s'est interrogé François Bayrou. Et de répondre: "l'enfant se retrouve orphelin alors qu'il a été élevé par ces deux personnes".
Selon lui, "ce n'est pas juste et je trouve que l'on a un instrument, c'est ce qu'on appelle l'adoption simple qui crée un lien d'éducation et pas un lien de filiation".
"Ça mérite d'être exploré et c'est assez juste, alors vous voyez c'est un sujet qui m'a donné beaucoup à réfléchir", a conclu François Bayrou.